Leçon nationale d’une élection européenne

A la mi-journée de ce dimanche 26 mai 2019, la surprise était déjà générale. La mobilisation des électeurs pour le scrutin européen était significative et très supérieure à celle de 2014 ou de 2009.

Le contenu des urnes ajoute, à la surprise, des enseignements dont il nous faut tenir compte.

Malheureusement, l’importante mobilisation des populistes était attendue. Elle s’exprime fortement chez ceux qui ne croient plus dans les bénéfices de la construction européenne parce qu’ils s’en sentent exclus. Elle se nourrit du sentiment d’abandon des territoires éloignés des facilités de la vie courante et des services publics. Elle grossit à l’ombre des désespoirs de ceux qui ne vivent pas bien tout en travaillant beaucoup ou en se démenant pour joindre les deux bouts. Ces habitants de la France s’étaient déjà exprimés en 2017. Parfois, ils l’ont fait en se mobilisant ou en soutenant les mouvements sociaux de l’hiver dernier.

Des premières réponses ont été apportées mais la réparation des fractures profondes de notre pays sera longue. Nous devons l’assumer pour ne pas continuer à nourrir le populisme et les fausses promesses. .

Dans ce contexte, je ne veux pas nier la déception de ne pas avoir réussi le pari d’arriver en tête de cette élection. Nous connaissions la difficulté de ce challenge et ne pas y être parvenu dit beaucoup du chemin qu’il nous reste à parcourir.

Pour autant, des évolutions significatives sont à lire comme des encouragements.

La mobilisation en elle-même nous indique que nous avons su intéresser nos concitoyens au scrutin européen. Ainsi, c’est l’Europe que nous avons portée au cœur des foyers français en précisant ce qu’elle est susceptible de changer pour eux : pour le contrôle des frontières extérieures communes, pour l’harmonisation fiscale et le salaire minimum, pour la lutte contre l’évasion fiscale et le rapprochement de nos législations, pour la création d’outils de protection douanier efficace. En soi, alors que nous avions fait de notre engagement européen l’un des vecteurs de notre identité, c’est un succès.

De la même façon, nous nous sommes résolument engagés pour la transition écologique. Ces promesses se sont traduites en acte : l’adoption de la directive européenne interdisant les néo-nicotinoïdes tueurs d’abeilles, les travaux entrepris pour interdire – dans les meilleurs délais – les produits phytosanitaires, la démultiplication des crédits mobilisés pour l’éolien et le photovoltaïque, définir nos normes de qualité comme véritables barrières douanières. A ces mesures, nous avons ajouté un message politique fort connu par le désormais célèbre « Make our planet great again ». Le débat durant la campagne, les mobilisations des jeunes, le résultat des urnes illustrent que cette préoccupation est désormais au centre du jeu.

Le second enseignement de ce scrutin, c’est que vous êtes nombreux à avoir – par votre confiance – salué nos efforts dans plusieurs domaines. Vous nous avez jugé crédibles sur l’attention à nos comptes publics. Vous nous avez estimé lucides et justes au sujet des baisses d’impositions qui soulagent les classes moyennes.

Surtout, la lutte contre le chômage de masse – érigée en priorité absolue lors des campagnes de 2017 – a été si peu évoquée lors de cette campagne que j’aime à y voir votre confiance en notre action. 

Ces motifs de satisfaction ne peuvent occulter les carences que vous nous avez signifiées. L’urgence écologique appelle un renforcement des actions que nous avons engagées. L’exigence de justice sociale justifie l’accélération de notre calendrier conduisant à la taxation des contrats courts qui décourage la précarité, à l’amplification de la lutte contre l’évasion fiscale et à l’instauration – dans les meilleurs délais – du revenu universel d’activité rendant plus lisible et plus efficace nos prestations sociales.

Ces premiers exemples ne sont naturellement pas exhaustifs.

C’est sur la base de ces considérations que je souhaite poursuivre mon action à votre service.   

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