Le temps du débat et les règles de la démocratie

Partout en France, les citoyens se sont saisis de ce qui apparaissait il y a peu comme un ovni : le Grand Débat National. Né de l’idée que les chances de résoudre les conflits et de surmonter les difficultés s’accroissent par la parole et le dialogue, cette manifestation inédite se tient désormais dans tous les endroits du pays. Tantôt, il est l’œuvre du Président de la République, tantôt de citoyens engagés, de personnes qui ne s’étaient jusqu’alors que rarement mobilisées et impliquées dans la vie politique.

Quoi qu’il en soit, c’est un succès puisqu’au terme de ce mois de février, ce ne sont pas moins d’un million deux cent mille contributions que l’on recense sur le site internet dédié.

Ainsi, avant que n’arrive l’heure du bilan et des conclusions de ce grand débat, on peut d’ores et déjà se féliciter de l’ampleur de cette implication citoyenne. On peut aussi tordre le coup à l’idée simple, répandue mais résolument défaitiste jugeant expéditivement notre pays ingouvernable ou incapable d’évoluer. Au contraire, il existe une soif d’expression et une véritable envie de faire bouger les cadres collectifs dans lesquels nous vivons.

Mais il y a davantage à tirer de ce débat. A mon sens, il met en lumière une des règles de notre démocratie et sur leur utilité fondamentale : l’organisation préalable de toute vie en collectivité.

A ce titre, il encourage l’expression publique et la revendication dans un cadre pacifique. Le grand débat marginalise les expressions violentes que nous avons trop souvent constatées dans le pays et contre lesquelles il nous faut lutter sans relâche, ni faiblesse. En effet, chacun doit pouvoir exprimer son point de vue sans que d’autres n’aient à craindre pour leur intégrité physique ou pour le respect de leurs biens. C’est en cela qu’il nous a paru essentiel de prendre les dispositions nécessaires au maintien de l’ordre républicain.

L’organisation de cette vaste consultation nationale permet aussi de mesurer les bienfaits des formes de notre démocratie. Pour organiser le débat, il faut des animateurs. Pour en tirer des conclusions utiles, il faut des modérateurs. A cet égard, on distingue toutes les limites d’une démocratie directe qui n’accepterait aucun cadre. A l’occasion du débat que j’ai organisé, chacun a pu mesurer les difficultés de formuler des propositions intelligibles par tous et applicables immédiatement. Cela permet une pédagogique de mise en garde contre les promesses populistes et l’absence de responsabilité de leurs auteurs.

Aussi, chacun pourra, en parcourant cette newsletter, approfondir son point de vue en prenant connaissance de mon opinion sur le référendum d’initiative citoyenne. Je réaffirme ici que la démocratie directe et / ou participative a ses vertus. J’ai été et demeure un de ceux qui estiment utile la consultation par référendum à l’issue de ce grand débat, notamment pour trancher des questions institutionnelles telles que la réduction du nombre de parlementaires, l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections nationales ou du non-cumul des mandats dans le temps.

Enfin, il doit aussi être rappelé qu’au terme de discussion, il faut une décision. Ces dernières viendront et les responsables les prendront. De ce point de vue, l’achoppement des discussions des partenaires sociaux au sujet de la réforme de l’assurance chômage illustre la difficulté de parvenir à un consensus.

J’assumerai ma part en soutenant l’introduction d’un bonus-malus décourageant le recours aux contrats courts ainsi qu’à toute décision tendant à plafonner les indemnités allouées aux cadres pour permettre le financement global de notre protection collective. Parce que les règles de la démocratie sont ainsi faites : il faut toujours des responsables, des personnes qui impulsent une idée, la matérialisent et qui en sont comptables devant ceux qui leur ont confiée leur charge et jugent les décisions prises dans l’intérêt général.

 

 

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