Plan pauvreté : changer le destin

 

Un plan pauvreté :  pourquoi ?

Ce sont souvent des constats froids, durs et implacables. C’est une litanie de chiffres qui ne peut permettre de se rendre compte de l’ampleur de la tâche, de la gravité du défi. En France, 14% des habitants sont pauvres. En France, un enfant sur cinq, 3 millions d’enfants sont pauvres. En France, 900.000 personnes sont privées de logement.

En France, la pauvreté s’hérite comme un fardeau. Et si les politiques publiques ont permis de contenir la pauvreté, elles n’ont jamais réussi à la prévenir ou permis d’en sortir. C’est l’enjeu du plan présenté par le Président de la République le 13 septembre 2018 qui sera traduit dans les projets de loi que nous examinerons prochainement.

Bâtie avec les associations, prévue pour être mise en œuvre avec les collectivités qui exercent leurs compétences (les communes pour les écoles, les départements pour les collèges ou l’action sociale, les régions pour les lycées ou la formation), la stratégie doit tous nous mobiliser.

Un plan pauvreté : pour quoi ?

Parce qu’il est un plan d’action global, une véritable stratégie, les mesures déployées sont nombreuses. Elles concourent d’abord à lutter contre les déterminismes sociaux, c’est-à-dire à accompagner les enfants dès leur plus jeune âge. Elles sont ensuite destinées à aider prioritairement les jeunes, parce qu’ils sont les premiers touchés par la pauvreté. Elles doivent enfin permettre à tous de trouver un emploi, seul levier pour sortir durablement de la pauvreté.

Ceux qui nous lisent régulièrement ne seront pas surpris du premier effort majeur que comporte le plan : la protection des enfants, la garantie de leurs droits fondamentaux. Sans qu’il y ait eu besoin d’attendre l’annonce, notre travail avait été entrepris dès la division par deux des classes de CP et de CE1 dans les écoles situées en zones d’éducation prioritaire (REP et REP +). L’instruction a déjà été rendue obligatoire à partir de trois ans. Ces travaux, c’est notre majorité qui les a conduits pour redonner à chacun sa chance en faisant plus pour ceux qui en ont le plus besoin.

Ces premières mesures sont largement renforcées par l’attention nouvelle du plan pauvreté. Il vise ainsi à développer l’accueil des jeunes enfants dans les écoles notamment dans les quartiers sensibles, à renforcer la mixité sociale par des aides aux communes, la transparence dans l’attribution des places en crèche ou la mise en œuvre d’un tiers payant pour favoriser la garde d’enfant.

Cette stratégie cherche également à améliorer le langage des enfants de 0 à 6 ans en élaborant un référentiel de formation commun aux 600.000 professionnels de la petite enfance.

On ne saurait totalement aider les enfants sans soutenir leurs parents. C’est pourquoi, le plan pauvreté prévoit aussi de rénover la politique de soutien aux parents en implantant de nombreux nouveaux centres sociaux, en accompagnant les conséquences des ruptures familiales ou en renforçant l’accompagnement des ménages endettés.

L’attention portée à l’enfance et à la petite enfance trouve aussi un écho dans les mesures adoptées pour mettre un terme au mal-logement ou la présence d’enfants dans la rue. Sont aussi créées des garanties offertes pour que chaque enfant ait accès à des repas et dont les traductions les plus probantes sont les petits-déjeuners dans les collèges ou le soutien aux communes rurales (moins de 10.000 habitants) pour qu’elles développent des tarifs sociaux dans leurs cantines.

Au-delà de l’école, c’est une formation que nous souhaitons garantir aux jeunes en France pour s’armer contre la pauvreté. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel portée par Muriel Pénicaud était déjà un premier outil. S’y ajoute dorénavant l’obligation de formation jusqu’à 18 ans qui mobilisera les missions locales dont les moyens seront renforcés (de 100 millions d’euros). Les missions locales pourront aussi recourir aux « Garanties Jeunes » (plus de 500.000) qui permettent de proposer des stages, de remettre sur les rails tous les décrocheurs (comme je l’ai moi-même vu à Iteuil : Lire l’article).

Et parce que les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance ne peuvent être abandonnés du jour au lendemain au motif de leur majorité, nous éviterons les “sorties sèches” et suivront les bénéficiaires jusqu’à leur 21 ans révolus.

Enfin, souvent les symptômes de la pauvreté en deviennent les causes. C’est alors que s’accumulent les renoncements : on renonce aux aides sociales trop illisibles et aux procédures trop complexes, on renonce à se soigner parce que les prestations sont trop chères, on se décourage de retrouver du travail parce qu’on en a été trop longtemps éloigné et que le pas à faire vers l’emploi paraît infranchissable.

C’est cette logique du renoncement, de l’accablement que nous avons souhaité rompre. Le premier effort consiste à réformer notre système d’aides sociales, construit par l’assemblage de différentes strates, prestations le rendant illisible, en particulier par les personnes pour lesquelles il a pourtant été construit qui en sont les premières victimes. Ce que nous souhaitons donc préparer d’ici 2020, c’est la fusion du RSA, des APL, de l’allocation de solidarité spécifique, de la prime d’activité (…) en un revenu universel d’activité, facilement accessible et constituant ainsi une allocation unique des demandeurs.

Ce que nous envisageons également c’est de rendre les soins accessibles et c’est pour cela que les allocataires du RSA bénéficieront automatiquement de la complémentaire de la CMU (CMU-C).

Et naturellement, nous souhaitons qu’au final chacun puisse travailler dignement et donc être rémunéré justement. Conformément à notre promesse, la prime d’activité sera par conséquent revalorisée. Parallèlement, des investissements importants seront mobilisés pour accompagner les demandeurs d’emploi, développer l’insertion par l’activité économique et les territoires zéro chômeur longue durée.

Aider prioritairement les enfants pauvres, s’armer de compétences et former les jeunes, rendre la dignité et offrir un travail, voilà les axes de notre stratégie de lutte contre la pauvreté. Pour que demain, ce que soit transmissible ne soit plus la pauvreté, mais l’espoir.

 

 

 

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