Le ministre veut voir monter de nouvelles usines à gaz

Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la transition écologique, a visité hier l’exploitation d’Yves Debien, agriculteur-méthaniseur à Sèvres-Anxaumont.

 

En choisissant de commencer sa visite dans la Vienne hier matin par le GAEC de la Baie des Champs à Sèvres-Anxaumont, Sébastien Lecornu a voulu montrer son intérêt pour les nouvelles usines à gaz. Yves Debien le maître des lieux qui, avec Eric Sabourin, a toujours misé sur la diversification des activités, dispose d’une importante unité de méthanisation (*).

 

” Un nouveau modèle économique

Le secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, entouré entre autres personnalités, de trois des quatre députés de la Vienne de la majorité (Sacha Houlié, Jacques Savatier et Nicolas Turquois agriculteur de profession), de la nouvelle préfète Isabelle Dilhac, du président de Grand Poitiers Alain Claeys ou de la maire de la commune Nicole Merle, a écouté avec grande attention la narration de son truculent guide en short. « On a tout construit ici, de toutes pièces depuis 1979, a raconté Yves Debien le président de Vienne Agri Métha qui accompagne les projets de méthanisation dans le département. Pour nous cela a coulé de source. Aujourd’hui il y a trois freins à la méthanisation: la partie administrative (mon dossier a mis 7 ans à aboutir), la partie financement et le côté social (l’acceptabilité du projet). »

 

Les agriculteurs en pointe

Après plus d’une heure de déambulation dans l’exploitation, Sébastien Lecornu lui a répondu. « Ce site est un bon exemple de ce qu’il convient de faire en matière d’énergie renouvelable. La France s’est lancée dans un grand combat en matière de décarbonation de son économie, de sa production d’énergie, notamment d’électricité. On recherche également à réduire la part du nucléaire. Pour tout ça, on ne peut pas d’un côté éteindre des centrales à charbon, vouloir faire reculer l’électro-nucléaire et ne pas accompagner les énergies renouvelables. Bien souvent on s’aperçoit que les agriculteurs sont en pointe de l’innovation en la matière. Ils ont aussi besoin de trouver un nouveau modèle économique. La production d’énergie participe à l’essor de nouveaux revenus. »

 

Une avancée sans précédent

Et le ministre d’y aller de son annonce. « Si je lui là aujourd’hui c’est aussi parce que dans quelques jours le gouvernement va acter l’accompagnement financier des raccordements aux réseaux à hauteur de 40% pour le gaz et jusqu’à 40% pour l’électrique. C’est une avancée sans précédent. Cela va permettre de rapprocher les installations agricoles des réseaux. Ce sont au total près de 30 millions d’euros par an qui seront consacrés par ce biais au déploiement des énergies renouvelables. »Pour Yves Debien agriculteur méthaniseur, le raccordement au réseau de gaz a coûté 50.000€. « Ici c’est réglé, ces mesures utiles profiteront aux suivants. »

 

Le bémol de la Confédération paysanne

Le ministre s’est ensuite rendu à la préfecture où de nombreux acteurs de la transition écologique l’attendaient pour une table ronde animée par Lionel Poitevin directeur régional de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Nicolas Fortin pour la Confédération paysanne a mis un petit bémol au concert consensuel joué à l’unisson par les différents intervenants. « Attention aux dérives: la montée en puissance des énergies renouvelables peut aussi conduire aux fermes-usines ou à l’installation de panneaux solaires sur les terres agricoles. »Comme pour le reste, le ministre a pris bonne note promettant de revenir dans la Vienne, « ce département vertueux qui a pris de l’avance »,pour évaluer les effets des mesures annoncées hier.

(*)Processus qui consiste à fabriquer du gaz naturel à partir de la fermentation des déchets organiques.

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