Les députés face aux craintes des agriculteurs

Un débat avec trois de leurs députés a révélé l’incertitude des agriculteurs face à la politique de la nouvelle majorité présidentielle.

 

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont rencontré vendredi les députés de la Vienne Sacha Houlié (LREM), Jean-Michel Clément (LREM) et Nicolas Turquois (MoDem), à Aslonnes. Le débat, vif mais respectueux, a révélé un point de tension majeur: le glyphosate.

La Commission européenne va statuer en octobre sur l’interdiction de la molécule, soupçonnée d’être cancérogène. Quant au ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, il veut la prohiber au plus vite. Une « aberration» pour les agriculteurs poitevins.

Pas le produit le plus dangereux pour la santé

« On n’a pas le temps de préparer une alternative, a dénoncé l’agriculteur Pierre-Yves Thirouin. Certains terrains ne peuvent supporter que du glyphosate. Et trois agences ont considéré que c’était loin d’être le produit le plus dangereux pour la santé.»
Face au front commun, les députés de la majorité ont préféré se détacher des annonces de Nicolas Hulot. « J e suis partisan d’y aller très progressivement, a répondu Nicolas Turquois. Mais le glyphosate est l’incarnation du mal dans l’esprit des gens, je crains donc que le gouvernement ne nous entende pas à ce sujet. »
Autre principal sujet d’inquiétude: la politique pro-européenne d’Emmanuel Macron et l’entrée prochaine en vigueur du CETA, traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. « On doit taxer davantage les importations, a dénoncé le céréalier Philippe Delafond. C’est l’abandon de la régulation du marché qui a fait perdre de la valeur à nos produits et qui entraîne l’écroulement de filières, comme celle du colza.»

La qualité alimentaire en question

Une intervention qui a divisé les députés. « Le gouvernement vous aide dès maintenant: il y aura un allégement global des charges dont vous allez bénéficier dans le prochain projet de loi finances, a tenu à rassurer Sacha Houlié. Quant au CETA, même s’il a des défauts, il protège la qualité des produits. Il faut éviter les postures caricaturales.»
Faux, pour Jean-Michel Clément. « Je reviens des États-Unis, les gens y sont dans un état de santé déplorable à cause du manque de qualité des aliments qu’on leur propose. La même chose va arriver en France. On aurait dû envisager l’exception culturelle alimentaire dans les traités», a-t-il regretté.
Les députés ont promis de transmettre les inquiétudes des agriculteurs de la Vienne aux ministères concernés ou en commission parlementaire.

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